Deux siècles d’histoire au cœur de Lyon
Sous ses verrières, le Passage de l’Argue raconte une histoire lyonnaise faite d’orfèvres, d’architectes, d’insurrections, de spectacles et de commerces indépendants.
De l’or étiré en fil à une galerie marchande
Bien avant le passage couvert, les lieux accueillaient les « ateliers de l’Argue ». L’argue était une machine utilisée pour dégrossir puis étirer les lingots d’or et d’argent destinés aux fils précieux.
En 1825, plusieurs propriétaires font démolir les constructions anciennes et confient à l’architecte lyonnais Vincent Farge la création d’une galerie moderne. Le chantier s’achève en 1828 : quatre porches néoclassiques, des devantures ordonnées et une longue verrière donnent naissance au Passage de l’Argue.
Une galerie traversée par l’histoire de la ville
Le chantier commence
Vincent Farge conçoit un passage couvert inspiré des galeries parisiennes et italiennes, destiné dès l’origine au commerce et à la promenade.
Le Passage ouvre ses portes
La galerie est achevée. La même année, le Café-Théâtre Seguin est inauguré : on y vient pour les danses, les pantomimes et les spectacles.
Au cœur de l’insurrection
Pendant la seconde révolte des canuts, des insurgés se réfugient dans le Passage. Les troupes doivent employer deux pièces de canon chargées à mitraille pour reprendre les lieux.
Une adresse gourmande
Le restaurant Caillot devient un rendez-vous réputé, fréquenté notamment par les « messieurs de la Fabrique », acteurs du monde lyonnais de la soie.
Théâtre et Guignol
Le Théâtre des Bouffes Lyonnaises ouvre, bientôt rejoint par des scènes de marionnettes. Le Passage et son voisin, le Petit Passage, deviennent des lieux de divertissement populaires.
La lumière, le bois et le rythme des lanternes
Les grands porches, l’enfilade des verrières, les lanternes suspendues et l’harmonie des encadrements de bois donnent au Passage son identité. Coupé par la rue du Président-Édouard-Herriot, il conserve pourtant la continuité d’une véritable rue intérieure.
Au fil du temps, les commerces sont rénovés et éclairés sans effacer l’esprit du lieu : une galerie à échelle humaine, protégée du tumulte des grandes artères.
Le Passage à travers le temps
Gravures, cartes postales et photographies racontent la vie commerciale, les façades et les silhouettes du Passage de l’Argue au fil des générations.







Bien plus qu’un décor : un lieu de métiers et de rencontres
Des savoir-faire
Joailliers, chapeliers, couteliers, horlogers, artistes et commerçants spécialisés perpétuent une tradition de conseil et de qualité.
Des maisons fidèles
La Maison Chavant, ancêtre de la Coutellerie Brossard fondée en 1830, symbolise cette continuité transmise de génération en génération.
Une promenade lyonnaise
On y vient pour choisir un objet, retrouver une adresse, regarder les vitrines ou simplement traverser la Presqu’île à l’abri.
« Le Passage de l’Argue, c’est un lieu de vie où l’on flâne, où l’on va, où l’on revient et où l’on aime la vie. »
Deux cents ans de commerce et de convivialité